Choix de l'orientation scolaire

Croiser ses goûts, ses aptitudes et les débouchés

Aucune méthode ne donne la bonne réponse en matière d'orientation. Une façon de poser le problème réduit en revanche nettement le risque d'aboutir, 6 mois plus tard, dans une formation mal choisie.

Intérêts de l'élève plutôt que notes

Le réflexe le plus répandu consiste à partir du bulletin, bons résultats scientifiques donc filière scientifique. C'est un raccourci commode et souvent trompeur, parce qu'une note mesure une performance dans un cadre scolaire, pas un goût durable pour une matière.

Quelques questions valent mieux qu'un test, notamment quelles activités font passer le temps sans qu'on s'en rende compte, quels sujets on lit spontanément, quelles tâches on préfère éviter. Travailler seul ou en équipe, à l'intérieur ou dehors, avec des idées ou avec ses mains, ces préférences pèsent souvent plus lourd que la discipline elle-même.

Connaissance du métier avant le choix de formation

Beaucoup de déceptions viennent d'un décalage entre l'image d'un métier et son quotidien. Le vétérinaire passe une grande partie de son temps en gestion et en consultations de routine, le développeur informatique lit du code écrit par d'autres, le journaliste vérifie des informations bien plus qu'il n'écrit.

Trois moyens simples permettent de vérifier, parler à quelqu'un qui exerce le métier, faire une période d'observation, et consulter des témoignages détaillés plutôt que des fiches descriptives. Une journée passée sur place en apprend souvent davantage qu'un mois de recherche documentaire.

Attendus et débouchés des formations

Chaque formation du supérieur publie ses attendus, son taux d'accès, le profil des candidats admis et le devenir de ses diplômés. Ces données sont accessibles et pourtant peu consultées avant le choix.

Les données publiées répondent à des questions concrètes, cette licence recrute-t-elle largement, quelle proportion d'élèves poursuit après ce BTS, quels emplois occupent les diplômés 3 ans plus tard. Un projet solide ne se juge pas seulement à l'envie, mais aussi à ce qu'il ouvre.

Contraintes matérielles du projet

Certaines contraintes déterminent la faisabilité d'un projet et méritent d'être posées franchement plutôt que découvertes en cours de route, la distance et le logement, le coût des études, la durée du parcours, la charge de travail hebdomadaire, ou encore la sélectivité de la formation.

Mentionner ces contraintes n'a rien de défaitiste. Un projet ambitieux peut très bien tenir compte des moyens disponibles, en passant par des bourses, un internat, une alternance ou une première étape plus courte suivie d'une poursuite d'études.

Diversification des projets

La stratégie la plus robuste consiste à construire un projet principal et 2 ou 3 alternatives crédibles, qui mènent à des métiers proches par des chemins différents. Quelqu'un qui vise la santé peut ainsi envisager plusieurs voies, certaines sélectives, d'autres non, sans se retrouver démuni si la première ne s'ouvre pas.

La diversification n'est pas un renoncement, elle protège d'une année blanche et laisse le temps de revenir vers l'objectif initial par une passerelle.

Pièges les plus fréquents

Suivre ses amis arrive plus souvent qu'on ne l'admet, et donne rarement de bons résultats, car les groupes se défont dès la première année. Choisir contre quelqu'un, pour affirmer son indépendance ou pour satisfaire un parent, revient à confier sa décision à une autre personne.

Deux autres écueils reviennent, éliminer une voie sur une réputation plutôt que sur un examen sérieux du contenu, et repousser le sujet jusqu'à la dernière semaine, ce qui laisse la place au hasard et à la pression.